Emotion, mon amie …

Emotion, mon amie …

Longtemps considérées comme nous détournant de la raison ou devant être maîtrisées ou ignorées, les émotions ont aujourd’hui le statut de ressources, aussi naturelles et vitales que notre respiration.

Ces ressources émotionnelles sont au service de notre bien-être si nous savons les  identifier, les exprimer, les comprendre et les réguler.

Depuis plus de 20 ans de nombreuses études scientifiques s’intéressent aux émotions. Si des psychologues et neurologues ont mis en évidence que les émotions sont indispensables à notre survie et à notre adaptation,[i] d’autres chercheurs ont établi que les émotions peuvent conduire à des désordres psychologiques[ii]

Premier constat, nous sommes tous – hors pathologies spécifiques – « équipés » pour ressentir des émotions.  La peur, la joie, la tristesse, la colère, la surprise, le dégoût sont souvent considérées comme les émotions majeures.

Nos réseaux neuronaux sont « bâtis » pour nous faire éprouver ces émotions « naturelles ». Par exemple, nous n’apprenons pas à être joyeux, nous éprouvons cette émotion de joie, elle s’impose à nous ; ainsi, souvenez-vous du votre dernier fou rire ou de cette plaisante sensation de légèreté, de bien-être que vous avez éprouvés lors d’une soirée entre amis.

Deuxième constat, notre parcours de vie, notre éducation et notre contexte socio-culturel modulent ces dispositions initiales, cet « équipement de base ».

Si des émotions intenses se répètent et s’intensifient au fil des expériences de vie, des pistes neuronales se creusent et s’amplifient, ouvrant la voie à des trajets « réflexes », qui s’activent hors de notre contrôle, nous fonctionnons alors sur un mode automatique, submergés par les émotions et les subissant.

La conséquence de ces 2 faits scientifiquement prouvés est que nous pouvons moduler ces flux émotionnels par notre volonté et par un apprentissage. Nous pouvons développer nos compétences émotionnelles, afin d’être plus en harmonie avec nous-même et avec les autres.

C’est ce chemin que vous allez découvrir dès maintenant en commençant par identifier vos propres émotions.

Comment identifier vos émotions :

  • En premier lieu, ouvrez-vous aux émotions, accueillez-les, prenez le temps de les vivre dans votre corps comme dans vos pensées,
  • Puis, nommez vos émotions ; vous aurez recherché au préalable à étendre votre vocabulaire émotionnel[iii]
  • Enfin, décrivez vos émotions en repérant vos pensées, vos sensations physiologiques et vos désirs d’action.

Prenons ensemble un exemple :

Vous êtes à l’écoute d’une émission politique et vous ressentez progressivement de l’agitation intérieure, un malaise diffus, accueillez ces sensations, recevez-les avec attention.

Maintenant recherchez les mots qui correspondent le mieux à ce que vous vivez en ce moment : agacement, irritation, colère, mépris, dégoût, répugnance, stupéfaction, déception, tristesse…

Partez à la recherche de :

  • ce que vous pensez – ces politiques sont imbus d’eux-mêmes…
  • de ce que vous sentez dans votre corps – tensions musculaires dans votre dos, crispations de votre visage autour de la bouche …
  • de ce que vous avez envie de faire – prendre la parole, grommeler, vociférer, critiquer, couper le son et l’image…

Vous pouvez pendant 1 ou 2 semaines tenir ainsi un journal de bord de ces moments émotionnels importants pour vous.

Dans le prochain article, nous découvrirons comment exprimer nos émotions.

[i] Antonio Damasio, L’erreur de Descartes, Odile Jacob, Paris, 1994

[ii] Pierre Philippot, Emotion et psychothérapie, Mardaga, Belgique, 2007

[iii] Ilios Kotsou, Intelligence émotionnelle et management, De Boeck, Louvain, 2012, p 178

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