Trouver les bons mots pour le dire

Trouver les bons mots pour le dire

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Montrer un désaccord ou exprimer une insatisfaction peut parfois faire peur et déclencher des réactions très différentes: être agacé, frustré, prendre la fuite ou faire le mort le temps que ça passe. Je vous propose ici de vous faciliter la vie en exprimant votre désaccord autrement.

Entrons tout de suite dans le vif du sujet avec un exemple concret:

Hier Sophie a dit à Paul: “Tu ne m’aides jamais à ranger, tu me saoules!” et disons qu’il l’a mal pris. Et plutôt que de d’exprimer son ressenti, il s’est isolé dans une autre pièce pour ressasser tout ce qu’il aurait voulu lui dire.

Au lieu de lancer cette remarque à Paul, Sophie aurait pu utiliser la “communication non-violente”. Personnellement, je préfère l’appellation “communication bienveillante” mais les auteurs en ont décidé autrement.

Alors la communication non-violente (CNV), qu’est ce que c’est?

Les techniques de CNV ont été mises au point dans les années 60 par Marshall Rosenberg, inspirées par le mouvement “non-violent » de Gandhi, elles consistent à communiquer avec l’autre de façon bienveillante et sans lui nuire.

Cet outil de communication permet de résoudre les désaccords entre deux personnes ou au sein de groupes, tout en permettant à chacun d’être en meilleure relation avec lui-même. En effet, pouvoir identifier et affirmer ses besoins profonds, favorise:

  • La reconnaissance des autres
  • L’estime de soi
  • L’équilibre et la transformation de ses émotions
  • La pratique de dire et entendre “non”
  • La diminution du stress et des angoisses
  • La complicité et la cohésion
  • Une communication plus authentique et sincère

Comment ça fonctionne?

La communication non-violente se base sur deux principes:

  • Tous les êtres humains ont des besoins fondamentaux
  • Chacun est naturellement capable d’exprimer compassion et bienveillance envers soi et les autres

A partir de ces deux éléments, la CNV se déroule en 4 étapes:

  • J’observe la situation de façon objective, j’évoque les faits sans jugement ou évaluation
    ex: Évitez “Ce n’est pas bien de faire…!”, “Tu es…! »
    Préférez “Quand j’entends…”, “Quand je vois…”
  • J’exprime le sentiment que cela me procure
    ex: Évitez “ Je pense que…”, “C’est vrai que…”, et les interprétations (jamais, toujours, personne, rien,…)
    Préférez “Je me sens…”
  • J’exprime mes besoins profonds liés à ce sentiment (besoins universels: physique, sécurité, amour, repos, compréhension,…)
    ex: “Parce que j’ai besoin de… »
  • Je fais une demande positive, précise, ouverte et réalisable pour satisfaire ces besoins
    ex: Evitez “ne fais pas”, “arrête”, les exigences, les menaces, les demandes vagues ou irréalisables. Evitons également d’attendre que l’autre devine ce dont nous avons besoin!
    Préférez: A présent, es-tu d’accord pour…?
 « Ce que je recherche dans la vie, c’est la bienveillance, un échange avec autrui motivé par un élan du coeur réciproque.  » Marshall Rosenberg


Pour reprendre notre exemple précédent, Sophie pourrait dire à Paul:

Quand je vois que les choses ne sont pas à leur place dans l’appartement, je me sens oppressée. J’ai besoin d’ordre et de propreté dans l’espace que nous partageons. Je me sens également seule, j’ai besoin de ton soutien et de ton engagement dans ce qui concerne notre vie à deux. A partir de maintenant, es-tu d’accord pour m’aider à ranger quand il y a du désordre?

Sophie exprime ses propres besoins et sentiments. Ils lui appartiennent et elle en est responsable. Exprimer ses sentiments, c’est le meilleur moyen pour que Paul la comprenne et ne sente pas attaqué ou critiqué. Il sera à l’écoute et plus à même d’être dans la compassion et l’entraide pour résoudre ce désaccord.

Une demande positive et ouverte offre à l’autre une ouverture, un espace pour faire des propositions. Il est donc possible que Paul dise non, mais cela fait partie du jeu! Ce sera ensuite une base pour trouver un terrain d’entente lorsque Paul aura lui aussi exprimé ses sentiments et besoins.

Et ensuite?

Plus vous utiliserez cet outil, plus rapidement il sera intégré à votre façon de fonctionner. Il vous permettra d’agir de la façon la plus juste même lorsque l’émotion est forte. Si vous souhaitez en savoir plus, les ouvrages références sont: Les mots sont des fenêtres (ou des murs)” de Marshall Rosenberg ou “Cessez d’être gentil soyez vrai! Être avec les autres en restant soi-même” de Thomas D’Ansembourg.

Vous verrez le désaccord autrement 🙂

Sources:

Psychologie: La CNV mode d’emploi

Dossier Passeport santé

Le mouvement colibri: la CNV dans un groupe

Les 4 stades de la CNV

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