Archives de
Mois : décembre 2016

Vivre notre corps pour donner de la vie à l’âme

Vivre notre corps pour donner de la vie à l’âme

Corps et esprit sont intimement reliés, indissociables dans la traversée de notre vie. « Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d’y rester » ce proverbe indien ouvre sur la simplicité d’un vécu quotidien : notre corps est le contenant qui accueille et héberge notre pensée. Il est aussi le lien entre notre esprit et l’extérieur, il a besoin de notre respect, de notre considération et de notre reconnaissance.

Le corps est la maison de notre esprit

Notre présence vivante dans le monde se manifeste dans et par notre corps. Notre corps est un « objet » de la Nature et il est aussi le lieu qui accueille, qui abrite notre pensée et lui offre l’opportunité de se déployer.

Notre corps ne s’oppose pas à notre intelligence, à nos sentiments, à nos émotions, il les inclut, les relie et les abrite.

Corps et esprit sont à la fois distincts et unis.

« Quand on fait corps avec son corps, le corps à corps impétueux avec le monde s’apaise pour faire place à la rencontre singulière d’une énergie de vie à la fois harmonieuse et puissante. » Bertrand Vergely

A la fois dispositif organique complexe, empli d’intelligence et de science, notre corps est adaptable et souple, il imite, il apprend, il crée. « Le corps est finalement ce par quoi on invente, c’est l’inventeur perpétuel, il est le socle de toutes nos inventions. » Michel Serres

Notre corps est unique et précieux, prenons-en soin

Nous disposons d’un seul corps, ce corps n’est pas un outil ou un instrument à notre service, obéissant à nos ordres, c’est un organisme complexe, autonome et sensible, tout en subtilité, en mystère encore. Il est important, d’en prendre soin, de le considérer avec une respectueuse et amicale bienveillance.

« Veiller aux bons équilibres du corps permet à ce dernier de mieux s’autoprotéger, s’autoréparer » Christophe André Etre à l’écoute de son corps c’est repérer ses signaux – souplesse, raideur, énergie, douleur – c’est respecter ses besoins de mouvement, de calme, d’alimentation variée et naturelle, de contacts réguliers avec la nature.

Si notre esprit parfois nous conduit à « somatiser », beaucoup de recherches scientifiques prouvent à l’inverse que l’exercice physique est bénéfique pour la santé et en particulier pour la santé mentale. Notre corps peut venir au secours de notre pensée.

Alors maintenant simplement re-sentez votre corps, habitez votre ‘maison’ et laissez-vous porter par « la sensation ambulatoire » à partir des enseignements de Luis Ansa .

Assis, dos droit, pieds à plat sur le sol, mains sur les cuisses ou sur les genoux ; respirez tranquillement 4 ou 5 fois. Vous allez maintenant sentir votre pied droit, c’est-à-dire que vous allez éveiller la sensation de votre pied droit. Après 30 ou 40 secondes, amenez la sensation du pied droit au pied gauche et restez quelques instants dans cette sensation. Eveillez la main droite, puis une demi-minute plus tard, éveillez la main gauche.

En gardant chaque fois le même temps de pause, éveillez ainsi les épaules, les oreilles, le nez, les jambes, les bras, la poitrine. Eveillez maintenant le cou, la nuque, le crâne, le front, les yeux, la bouche, tout le visage et la tête. Enfin à partir de la sensation du cou, suivez votre verticalité et éveillez consécutivement la poitrine, le ventre, le bas-ventre, le bassin.

Ressentez maintenant la totalité de votre corps et à partir de1ou 2 minutes évoquez un sentiment de gratitude et quittez doucement l’exercice.

En nourrissant ainsi cette relation corps-esprit, vous ouvrez des accès à cette immense connaissance qui n’est pas dans les livres, mais dans la pratique.

Etre pleinement exige cette plongée dans le corps.

Trouver les bons mots pour le dire

Trouver les bons mots pour le dire

love-hands

Montrer un désaccord ou exprimer une insatisfaction peut parfois faire peur et déclencher des réactions très différentes: être agacé, frustré, prendre la fuite ou faire le mort le temps que ça passe. Je vous propose ici de vous faciliter la vie en exprimant votre désaccord autrement.

Entrons tout de suite dans le vif du sujet avec un exemple concret:

Hier Sophie a dit à Paul: “Tu ne m’aides jamais à ranger, tu me saoules!” et disons qu’il l’a mal pris. Et plutôt que de d’exprimer son ressenti, il s’est isolé dans une autre pièce pour ressasser tout ce qu’il aurait voulu lui dire.

Au lieu de lancer cette remarque à Paul, Sophie aurait pu utiliser la “communication non-violente”. Personnellement, je préfère l’appellation “communication bienveillante” mais les auteurs en ont décidé autrement.

Alors la communication non-violente (CNV), qu’est ce que c’est?

Les techniques de CNV ont été mises au point dans les années 60 par Marshall Rosenberg, inspirées par le mouvement “non-violent » de Gandhi, elles consistent à communiquer avec l’autre de façon bienveillante et sans lui nuire.

Cet outil de communication permet de résoudre les désaccords entre deux personnes ou au sein de groupes, tout en permettant à chacun d’être en meilleure relation avec lui-même. En effet, pouvoir identifier et affirmer ses besoins profonds, favorise:

  • La reconnaissance des autres
  • L’estime de soi
  • L’équilibre et la transformation de ses émotions
  • La pratique de dire et entendre “non”
  • La diminution du stress et des angoisses
  • La complicité et la cohésion
  • Une communication plus authentique et sincère

Comment ça fonctionne?

La communication non-violente se base sur deux principes:

  • Tous les êtres humains ont des besoins fondamentaux
  • Chacun est naturellement capable d’exprimer compassion et bienveillance envers soi et les autres

A partir de ces deux éléments, la CNV se déroule en 4 étapes:

  • J’observe la situation de façon objective, j’évoque les faits sans jugement ou évaluation
    ex: Évitez “Ce n’est pas bien de faire…!”, “Tu es…! »
    Préférez “Quand j’entends…”, “Quand je vois…”
  • J’exprime le sentiment que cela me procure
    ex: Évitez “ Je pense que…”, “C’est vrai que…”, et les interprétations (jamais, toujours, personne, rien,…)
    Préférez “Je me sens…”
  • J’exprime mes besoins profonds liés à ce sentiment (besoins universels: physique, sécurité, amour, repos, compréhension,…)
    ex: “Parce que j’ai besoin de… »
  • Je fais une demande positive, précise, ouverte et réalisable pour satisfaire ces besoins
    ex: Evitez “ne fais pas”, “arrête”, les exigences, les menaces, les demandes vagues ou irréalisables. Evitons également d’attendre que l’autre devine ce dont nous avons besoin!
    Préférez: A présent, es-tu d’accord pour…?
 « Ce que je recherche dans la vie, c’est la bienveillance, un échange avec autrui motivé par un élan du coeur réciproque.  » Marshall Rosenberg


Pour reprendre notre exemple précédent, Sophie pourrait dire à Paul:

Quand je vois que les choses ne sont pas à leur place dans l’appartement, je me sens oppressée. J’ai besoin d’ordre et de propreté dans l’espace que nous partageons. Je me sens également seule, j’ai besoin de ton soutien et de ton engagement dans ce qui concerne notre vie à deux. A partir de maintenant, es-tu d’accord pour m’aider à ranger quand il y a du désordre?

Sophie exprime ses propres besoins et sentiments. Ils lui appartiennent et elle en est responsable. Exprimer ses sentiments, c’est le meilleur moyen pour que Paul la comprenne et ne sente pas attaqué ou critiqué. Il sera à l’écoute et plus à même d’être dans la compassion et l’entraide pour résoudre ce désaccord.

Une demande positive et ouverte offre à l’autre une ouverture, un espace pour faire des propositions. Il est donc possible que Paul dise non, mais cela fait partie du jeu! Ce sera ensuite une base pour trouver un terrain d’entente lorsque Paul aura lui aussi exprimé ses sentiments et besoins.

Et ensuite?

Plus vous utiliserez cet outil, plus rapidement il sera intégré à votre façon de fonctionner. Il vous permettra d’agir de la façon la plus juste même lorsque l’émotion est forte. Si vous souhaitez en savoir plus, les ouvrages références sont: Les mots sont des fenêtres (ou des murs)” de Marshall Rosenberg ou “Cessez d’être gentil soyez vrai! Être avec les autres en restant soi-même” de Thomas D’Ansembourg.

Vous verrez le désaccord autrement 🙂

Sources:

Psychologie: La CNV mode d’emploi

Dossier Passeport santé

Le mouvement colibri: la CNV dans un groupe

Les 4 stades de la CNV